Quel fauteuil releveur électrique choisir en 2026 ?

Par Anna
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Un fauteuil releveur électrique coûte entre 500 et 2 000 €. Avant même de comparer les modèles, prenez trois mesures sur la personne qui va l’utiliser : la largeur de ses hanches en position assise, la distance entre son dos et le creux de son genou, et la hauteur entre le sol et ce même creux du genou. Ces trois chiffres éliminent 80 % du catalogue en cinq minutes.

Ensuite seulement, tranchez entre 1 et 2 moteurs. Le critère n’est pas celui qu’on vous vendra en magasin. Et sachez-le dès maintenant : la Sécurité sociale ne rembourse pas ce type de fauteuil. Nous expliquons plus bas quelles aides fonctionnent réellement, et surtout dans quel ordre les demander.

1 ou 2 moteurs : le seul critère qui compte vraiment

Commençons par démonter l’argument de vente le plus répandu. Un fauteuil à 2 moteurs ne relève pas mieux qu’un fauteuil à 1 moteur. Les deux accomplissent ce geste avec la même efficacité, à la même vitesse, avec la même sécurité.

La différence se situe ailleurs. Sur un modèle à 1 moteur, le dossier et le repose-jambes bougent ensemble, dans un mouvement lié. Quand le dossier s’incline, les jambes se lèvent automatiquement. Sur un modèle à 2 moteurs, vous réglez les deux séparément. Vous pouvez surélever les jambes en gardant le dos droit, ou vous incliner sans lever les pieds.

Le vrai critère de décision, c’est le temps passé dans le fauteuil.

Une personne qui s’assoit pour regarder la télévision, puis se relève pour vaquer à ses occupations, n’a aucun besoin de deux moteurs. Elle utilisera la fonction relevage et rien d’autre. Le surcoût de 200 à 400 € ne lui apportera rien.

Une personne qui passe trois heures ou plus par jour assise change complètement la donne. Elle a besoin de varier ses positions pour éviter les points d’appui prolongés. Si elle souffre d’œdèmes aux jambes ou de troubles circulatoires, la possibilité de surélever les pieds au-dessus du niveau du cœur, dos redressé, devient un vrai geste de santé. Là, les 2 moteurs se justifient pleinement.

Ce que je constate sur le terrain
Dans les domiciles que j’équipe, je vois régulièrement des familles qui ont payé un 2 moteurs et n’utilisent que le bouton de relevage. À l’inverse, je rencontre des personnes avec des jambes gonflées, à qui un 1 moteur interdit de surélever les pieds sans se coucher en arrière. Posez-vous une seule question avant d’acheter : combien d’heures par jour cette personne restera-t-elle assise ?

Notre verdict. Moins de deux heures par jour dans le fauteuil, prenez un 1 moteur et investissez la différence dans un meilleur revêtement. Trois heures ou plus, avec des jambes qui gonflent ou une position à varier, prenez un 2 moteurs sans hésiter.

Les 3 mesures à prendre sur la personne, pas sur le fauteuil

C’est l’étape que presque tout le monde saute, et c’est celle qui détermine si le fauteuil sera utilisé ou abandonné. Un fauteuil mal dimensionné ne se rattrape pas avec un coussin.

Installez la personne sur une chaise ordinaire, dos bien calé contre le dossier, pieds à plat au sol. Munissez-vous d’un mètre ruban. Trois mesures suffisent.

MesureComment la prendreCe qu’il faut chercher
Largeur d’assiseLargeur des hanches en position assise, au point le plus largeAjoutez 3 à 5 cm de chaque côté. Une personne de 42 cm de hanches vise une assise de 48 à 52 cm.
Profondeur d’assiseDu dos au creux du genou, dos calé contre le dossierRetirez 3 à 5 cm à cette mesure. Il doit rester la largeur de deux doigts entre le creux du genou et le bord de l’assise.
Hauteur d’assiseDu sol au creux du genou, pieds à platLes pieds doivent reposer entièrement au sol, genoux à 90 degrés. Comptez généralement entre 45 et 52 cm.

La profondeur est la mesure la plus négligée, et c’est la plus lourde de conséquences. Une assise trop profonde oblige la personne à glisser vers l’avant pour poser ses pieds. Son dos décolle alors du dossier et perd tout maintien lombaire.

Ce que je constate sur le terrain
C’est le premier motif d’abandon d’un fauteuil releveur dans ma pratique. La personne s’installe, ses pieds pendent dans le vide, elle glisse en avant pour compenser. Trois semaines plus tard, elle se plaint de douleurs lombaires et retourne s’asseoir dans son ancien fauteuil. Le releveur reste dans le salon, inutilisé, et personne ne comprend pourquoi.

Capacité de charge : le chiffre qu’on lit mal

Chaque fabricant indique une capacité de charge maximale. Ce chiffre correspond à une utilisation statique, pas au poids réel qui s’exerce sur le mécanisme quand une personne se laisse tomber dans le siège ou pousse sur les accoudoirs pour se relever.

La règle est simple : ajoutez 15 à 20 kg au poids réel de la personne, puis choisissez un modèle qui couvre ce total. Un fauteuil sollicité près de sa limite voit ses vérins s’user plus vite et perd son amplitude au bout de deux ans.

GammeCapacité annoncéePoids de la personne
StandardJusqu’à 120 kgJusqu’à 100 kg
Renforcée150 kgDe 100 à 130 kg
Grande capacité200 kg et plusAu-delà de 130 kg

Attention à un point souvent oublié. Un fauteuil grande capacité n’est pas seulement plus solide, il est aussi plus large et plus lourd. Vérifiez sa largeur hors tout avant de commander, ainsi que la largeur de vos portes et de votre cage d’escalier si le fauteuil doit monter à l’étage.

Ce que je constate sur le terrain
Un fauteuil releveur pèse entre 40 et 90 kg selon les modèles. J’ai vu plusieurs livraisons s’arrêter devant une porte trop étroite ou un escalier en colimaçon. Mesurez le passage le plus étroit du trajet, de la rue jusqu’au salon, et comparez-le à la largeur hors tout indiquée par le fabricant. Cette vérification prend deux minutes et évite un retour de marchandise.

Le revêtement : ce qui tient trois ans et ce qui lâche

Le revêtement détermine le confort quotidien, mais surtout la durée de vie du fauteuil. Un tissu qui se tache définitivement ou qui colle à la peau en été condamne l’usage bien avant que le mécanisme ne fatigue.

RevêtementConfortEntretienNotre avis
Microfibre déperlanteExcellent, respirant, jamais froid au toucherSe nettoie au chiffon humide, les liquides perlentLe meilleur choix dans la majorité des situations
Tissu enduitBon, léger effet plastiqueTrès facile, supporte les produits désinfectantsÀ privilégier en cas de risque d’incontinence
Cuir synthétique (PU)Correct, colle à la peau en étéFacile, mais se craquelle après quelques annéesAcceptable si le budget est serré, sans plus
VeloursAgréable au premier contactDifficile, retient les odeurs et les tachesÀ éviter pour un usage quotidien

Notre verdict. Choisissez une microfibre déperlante pour un usage courant. Passez au tissu enduit si la personne présente un risque d’incontinence, car il supporte un nettoyage désinfectant répété sans se dégrader. Écartez le velours, aussi joli soit-il en magasin.

Notre sélection selon le profil

Nous n’avons pas testé ces fauteuils en laboratoire. Nous les avons analysés sur leurs caractéristiques techniques, les normes qu’ils respectent et les retours d’utilisateurs vérifiés, puis nous les avons confrontés à ce qu’Anna observe chez ses patients. Voici les configurations qui correspondent à chaque situation.

ProfilConfiguration recommandéeBudget
Usage quotidien prolongé
Plus de 3 h assis par jour
2 moteurs, microfibre déperlante, capacité 150 kg, position allongée900 à 1 400 €
Aide au lever uniquement
Moins de 2 h assis par jour
1 moteur, microfibre, capacité 120 kg, télécommande simplifiée500 à 800 €
Forte corpulence
Au-delà de 130 kg
2 moteurs, châssis renforcé, capacité 200 kg, assise 55 cm et plus1 200 à 2 000 €
Petit gabarit
Moins de 1,60 m
Assise 45 à 48 cm de profondeur, hauteur 45 cm, format compact600 à 1 000 €
Œdèmes et circulation2 moteurs impératifs, position jambes surélevées indépendante1 000 à 1 500 €

Avant de valider une commande, vérifiez systématiquement trois points sur la fiche produit : la capacité de charge annoncée, les dimensions d’assise en centimètres, et la largeur hors tout du fauteuil. Un vendeur qui ne fournit pas ces trois chiffres est un vendeur à éviter.

Financement : la vérité que les vendeurs évitent

Soyons direct, car cette information circule très mal. Le fauteuil releveur électrique n’est pas remboursé par la Sécurité sociale.

La raison est administrative. Seuls les dispositifs inscrits sur la Liste des Produits et Prestations Remboursables, la LPPR, ouvrent droit à une prise en charge de l’Assurance Maladie. Le fauteuil releveur, classé comme équipement de confort, n’y figure pas. Aucun modèle du commerce, quel que soit son nombre de moteurs, ne déclenchera un remboursement.

Une seule exception existe : le fauteuil coquille, destiné au maintien postural de personnes en dépendance sévère. Celui-ci est bien inscrit à la LPPR, avec un tarif de base de 532,54 €, sur prescription médicale. C’est un dispositif différent, qui ne répond pas au même besoin.

Méfiez-vous également d’une confusion fréquente. MaPrimeAdapt’ finance les travaux d’adaptation du logement, comme une douche de plain-pied ou un monte-escalier. Elle ne finance pas l’achat de mobilier médical. Pour un fauteuil seul, ce n’est pas le bon guichet.

Les aides qui fonctionnent vraiment

DispositifPour quiÀ qui s’adresser
PCH
Prestation de compensation du handicap
Personnes reconnues en situation de handicap. C’est le levier principal pour un fauteuil seul.MDPH de votre département
APA
Allocation personnalisée d’autonomie
Personnes de 60 ans et plus classées en GIR 1 à 4, si le fauteuil figure au plan d’aideConseil départemental
Caisse de retraiteRetraités du régime général, souvent au retour d’une hospitalisationCARSAT ou votre caisse
MutuelleContrats prévoyant un forfait « équipement d’autonomie » ou « matériel non remboursé »Votre complémentaire santé
Aide communaleSelon les ressources et la communeCCAS de votre mairie

Une précision sur le calendrier fiscal. Le crédit d’impôt pour l’installation d’équipements d’accessibilité a pris fin le 31 décembre 2025. Il ne s’applique plus aux dépenses payées à compter du 1er janvier 2026. De nombreux articles encore en ligne le présentent comme disponible : ce n’est plus le cas.

L’erreur la plus coûteuse, et je la vois souvent
Une famille achète le fauteuil, puis dépose sa demande d’aide. C’est l’inverse qu’il faut faire. Une dépense engagée avant la notification d’accord reste presque toujours intégralement à la charge de l’acheteur, que ce soit pour l’APA ou pour la PCH. Faites établir un devis, déposez le dossier, attendez l’accord écrit, puis commandez.

La marche à suivre. Contactez d’abord le CCAS de votre commune ou le conseil départemental pour une évaluation de la situation. Demandez un devis détaillé au fournisseur, avec les caractéristiques techniques. Déposez le dossier d’aide correspondant à votre situation. Achetez seulement après réception de l’accord écrit.

Questions fréquentes

Le fauteuil releveur est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

Non. Le fauteuil releveur électrique n’est pas inscrit à la LPPR et n’ouvre donc aucun droit à remboursement de l’Assurance Maladie. Seul le fauteuil coquille, un dispositif de maintien postural destiné aux personnes en dépendance sévère, bénéficie d’une inscription avec un tarif de base de 532,54 € sur prescription. Pour financer un releveur, tournez-vous vers la PCH, l’APA, votre mutuelle ou votre caisse de retraite.

Faut-il une ordonnance pour acheter un fauteuil releveur ?

Aucune ordonnance n’est nécessaire pour l’achat, puisqu’il ne s’agit pas d’un dispositif remboursé. En revanche, une évaluation par un ergothérapeute renforce nettement un dossier de demande d’aide auprès de la MDPH ou du conseil départemental. Elle permet aussi de valider les dimensions avant l’achat.

Que se passe-t-il en cas de coupure de courant ?

La quasi-totalité des fauteuils releveurs intègrent une batterie de secours. Elle permet de ramener le fauteuil en position assise, généralement pour un cycle complet. Vérifiez sa présence sur la fiche produit avant de commander, et testez-la une fois par an en débranchant volontairement le fauteuil.

Peut-on dormir dans un fauteuil releveur ?

Ponctuellement oui, pour une sieste, à condition de disposer d’un modèle offrant une position quasi allongée. Pour un usage nocturne régulier, ce n’est pas une solution adaptée. L’absence de matelas expose à des points d’appui prolongés et à un risque d’escarre. Si la personne ne peut plus rejoindre son lit, la question à poser n’est pas celle du fauteuil mais celle du lit médicalisé.

Combien consomme un fauteuil releveur électrique ?

La consommation reste négligeable. Le moteur ne fonctionne que pendant les quelques secondes du mouvement, et l’appareil consomme ensuite très peu en veille. Comptez quelques euros par an sur la facture d’électricité.

Quelle est la durée de vie d’un fauteuil releveur ?

Comptez sept à dix ans pour un modèle correctement dimensionné et peu sollicité. Cette durée chute nettement si le fauteuil fonctionne en permanence près de sa capacité maximale. C’est la raison pour laquelle la marge de 15 à 20 kg évoquée plus haut est un vrai investissement, pas une précaution excessive.

Sources

Rédigé par Anna
Aide-soignante diplômée d'État · Spécialisée en gériatrie et maintien à domicile Anna exerce comme aide-soignante depuis 14 ans. Elle a commencé en EHPAD à Angers, où elle a passé six ans au contact quotidien de résidents en perte d'autonomie, transferts, toilettes, prévention des chutes, accompagnement de fin de vie. C'est là qu'elle a compris que la majorité des accidents ne se produisent pas par malchance, mais parce que l'environnement n'est pas adapté au corps qui vieillit. En 2018, elle rejoint un service de soins infirmiers à domicile (SSIAD) en Loire-Atlantique. Son quotidien change : elle entre chaque jour dans des maisons où les seniors vivent seuls, avec des salles de bain non aménagées, des escaliers sans rampe, des lits trop bas. Elle voit de près ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, et ce qui finit aux urgences. C'est cette expérience terrain, pas un catalogue produit, qui nourrit chaque article d'AutonomieSenior.fr. Quand Anna recommande une barre d'appui à 70 cm ou déconseille un déambulateur trop large pour un couloir de HLM, ce n'est pas de la théorie. C'est ce qu'elle a constaté en aidant des centaines de personnes à se lever, se laver et se déplacer chez elles. Elle est titulaire du Diplôme d'État d'Aide-Soignante (DEAS) et a suivi une formation complémentaire en prévention des chutes chez la personne âgée (DPC). Elle se forme continuellement sur les nouveaux équipements d'aide à l'autonomie pour que ses recommandations restent à jour. Anna ne vend rien. Elle ne travaille pour aucune marque. AutonomieSenior.fr est un site indépendant : quand un produit est mauvais, elle le dit. Quand un produit à 45 € fait le même travail qu'un produit à 200 €, elle le dit aussi.

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