Quel fauteuil releveur électrique choisir ?

Par Anna
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Un fauteuil releveur électrique coûte généralement entre 500 et 2 000 €. Avant de comparer les modèles, prenez trois mesures sur la personne qui va l’utiliser : la largeur de ses hanches en position assise, la distance entre son dos et le creux de son genou, et la hauteur entre le sol et ce creux du genou. Ces chiffres écartent d’emblée une bonne partie des modèles inadaptés.

Vient ensuite le choix entre 1 et 2 moteurs, qui dépend surtout du temps passé assis. Sachez aussi dès maintenant que la Sécurité sociale ne rembourse pas ce type de fauteuil. Nous détaillons plus bas les aides possibles et l’ordre dans lequel les demander.

1 ou 2 moteurs : le critère qui compte vraiment

Le nombre de moteurs ne change pas la fonction de relevage : un modèle à 1 moteur aide à se lever comme un modèle à 2 moteurs.

La différence porte sur les réglages. Sur un modèle à 1 moteur, le dossier et le repose-jambes bougent ensemble : quand le dossier s’incline, les jambes se lèvent. Sur un modèle à 2 moteurs, vous réglez les deux séparément. Vous pouvez alors surélever les jambes avec le dos droit, ou incliner le dossier sans lever les pieds.

Le vrai critère de décision, c’est le temps passé dans le fauteuil.

Une personne qui s’assoit pour regarder la télévision puis se relève pour vaquer à ses occupations se servira surtout de la fonction relevage. Le surcoût d’un modèle à 2 moteurs ne lui apportera pas grand-chose.

Pour une personne assise trois heures ou plus par jour, la situation change. Varier sa position aide à limiter les appuis prolongés au même endroit. En cas d’œdèmes aux jambes ou de troubles circulatoires, pouvoir surélever les pieds avec le dos redressé peut soulager (demandez au médecin quelle position convient). Les 2 moteurs prennent alors tout leur sens.

La question à se poser avant d’acheter
Combien d’heures par jour cette personne restera-t-elle assise ? Gardez cette réponse en tête face aux arguments du vendeur.

Notre verdict. Moins de deux heures par jour dans le fauteuil : un 1 moteur suffit, et la différence de prix peut financer un meilleur revêtement. Trois heures ou plus, avec des jambes qui gonflent ou un besoin de changer souvent de position : orientez-vous vers un 2 moteurs.

Les 3 mesures à prendre sur la personne, pas sur le fauteuil

Cette étape est souvent négligée, alors qu’elle décide en grande partie si le fauteuil sera utilisé ou délaissé. Un coussin ne rattrape pas un fauteuil mal dimensionné.

Installez la personne sur une chaise ordinaire, dos bien calé contre le dossier, pieds à plat au sol, et munissez-vous d’un mètre ruban.

MesureComment la prendreCe qu’il faut chercher
Largeur d’assiseLargeur des hanches en position assise, au point le plus largeAjoutez 3 à 5 cm de chaque côté. Une personne de 42 cm de hanches vise une assise de 48 à 52 cm.
Profondeur d’assiseDu dos au creux du genou, dos calé contre le dossierRetirez 3 à 5 cm à cette mesure. Il doit rester la largeur de deux doigts entre le creux du genou et le bord de l’assise.
Hauteur d’assiseDu sol au creux du genou, pieds à platLes pieds doivent reposer entièrement au sol, genoux à 90 degrés. Comptez généralement entre 45 et 52 cm.

La profondeur est souvent oubliée, alors qu’une erreur sur cette mesure pèse lourd. Une assise trop profonde oblige la personne à glisser vers l’avant pour poser les pieds au sol. Son dos quitte alors le dossier et n’est plus soutenu au niveau des lombaires.

Point de vigilance
Un fauteuil dans lequel on glisse, ou dont l’assise laisse les pieds dans le vide, devient vite inconfortable, parfois douloureux pour le dos. Le risque : que la personne retourne à son ancien fauteuil et laisse le releveur de côté.

Capacité de charge : le chiffre qu’on lit mal

Chaque fabricant indique une capacité de charge maximale. Or le mécanisme subit des efforts plus importants quand une personne se laisse tomber dans le siège ou pousse fort sur les accoudoirs pour se relever.

Par prudence, prévoyez une marge d’environ 15 à 20 kg au-dessus du poids de la personne, puis choisissez un modèle qui couvre ce total. Un mécanisme sollicité en permanence près de sa limite risque de s’user plus vite.

GammeCapacité annoncéePoids de la personne
StandardJusqu’à 120 kgJusqu’à 100 kg
Renforcée150 kgDe 100 à 130 kg
Grande capacité200 kg et plusAu-delà de 130 kg

Un fauteuil grande capacité est aussi plus large et plus lourd. Vérifiez sa largeur hors tout avant de commander.

Avant la livraison
Un fauteuil releveur est lourd et encombrant, et une porte trop étroite ou un escalier tournant peuvent bloquer la livraison. Mesurez le passage le plus étroit du trajet, de la rue jusqu’à la pièce prévue, et comparez-le à la largeur hors tout indiquée par le fabricant. Cette vérification prend quelques minutes et peut vous épargner un retour de marchandise.

Le revêtement : ce qui tient dans le temps et ce qui lâche

Le revêtement joue sur le confort au quotidien et sur la longévité du fauteuil. Un tissu qui garde les taches ou qui colle à la peau en été peut faire délaisser le fauteuil bien avant que le mécanisme ne s’use.

RevêtementConfortEntretienNotre avis
Microfibre déperlanteRespirant, agréable au toucherSe nettoie au chiffon humide, les liquides perlent en surfaceAdapté à la plupart des situations
Tissu enduitBon, léger effet plastiqueTrès facile, supporte les produits désinfectantsÀ privilégier en cas de risque d’incontinence
Cuir synthétique (PU)Correct, colle à la peau en étéFacile, mais peut se craqueler avec le tempsAcceptable si le budget est serré, sans plus
VeloursAgréable au premier contactDifficile, retient les odeurs et les tachesÀ éviter pour un usage quotidien

Notre verdict. Pour un usage courant, une microfibre déperlante convient bien. Si la personne présente un risque d’incontinence, préférez le tissu enduit, qui supporte les nettoyages désinfectants répétés. Le velours, aussi joli soit-il en magasin, se prête mal à un usage quotidien.

Notre sélection selon le profil

Nous n’avons pas testé ces fauteuils. Les configurations ci-dessous découlent des critères de ce guide : temps passé assis, mesures, poids de la personne et revêtement. Les budgets indiqués sont des ordres de grandeur.

ProfilConfiguration recommandéeBudget
Usage quotidien prolongé
Plus de 3 h assis par jour
2 moteurs, microfibre déperlante, capacité 150 kg, position allongée900 à 1 400 €
Aide au lever uniquement
Moins de 2 h assis par jour
1 moteur, microfibre, capacité 120 kg, télécommande simplifiée500 à 800 €
Forte corpulence
Au-delà de 130 kg
2 moteurs, châssis renforcé, capacité 200 kg, assise 55 cm et plus1 200 à 2 000 €
Petit gabarit
Moins de 1,60 m
Assise 45 à 48 cm de profondeur, hauteur 45 cm, format compact600 à 1 000 €
Œdèmes et circulation2 moteurs, position jambes surélevées indépendante1 000 à 1 500 €

Avant de commander, vérifiez trois informations sur la fiche produit : la capacité de charge, les dimensions d’assise en centimètres et la largeur hors tout du fauteuil. Si l’une d’elles manque, demandez-la au vendeur avant d’acheter.

Financement : ce qui est pris en charge et ce qui ne l’est pas

Un point à connaître avant tout achat : le fauteuil releveur électrique n’est pas remboursé par la Sécurité sociale.

Seuls les dispositifs inscrits sur la Liste des Produits et Prestations Remboursables (LPPR) ouvrent droit à une prise en charge par l’Assurance Maladie. Le fauteuil releveur n’y figure pas, quel que soit son nombre de moteurs.

Le fauteuil coquille, lui, est inscrit à la LPPR et peut être pris en charge sur prescription médicale. C’est un autre dispositif, destiné au maintien postural de personnes en dépendance sévère, qui ne répond pas au même besoin.

Autre confusion courante : MaPrimeAdapt’ finance des travaux d’adaptation du logement, comme une douche de plain-pied ou un monte-escalier, pas l’achat d’un fauteuil. Pour un releveur seul, ce n’est pas le bon guichet.

Les aides qui fonctionnent vraiment

DispositifPour quiÀ qui s’adresser
PCH
Prestation de compensation du handicap
Personnes reconnues en situation de handicap, sous conditionsMDPH de votre département
APA
Allocation personnalisée d’autonomie
Personnes de 60 ans et plus classées en GIR 1 à 4, si le fauteuil figure au plan d’aideConseil départemental
Caisse de retraiteRetraités du régime général, par exemple au retour d’une hospitalisationCARSAT ou votre caisse
MutuelleContrats prévoyant un forfait « équipement d’autonomie » ou « matériel non remboursé »Votre complémentaire santé
Aide communaleSelon les ressources et la communeCCAS de votre mairie

Une précision sur le crédit d’impôt pour l’installation d’équipements d’accessibilité : il était prévu jusqu’au 31 décembre 2025 et ne s’applique donc plus aux dépenses payées à partir du 1er janvier 2026, sauf prolongation. Certains articles en ligne le présentent encore comme disponible : vérifiez sa situation sur service-public.fr avant d’en tenir compte.

L’erreur à éviter : acheter avant l’accord
Pour l’APA comme pour la PCH, une dépense engagée avant la notification d’accord risque de rester entièrement à votre charge. Faites établir un devis, déposez le dossier, attendez l’accord écrit, puis commandez.

La marche à suivre. Contactez d’abord le CCAS de votre commune ou le conseil départemental pour faire évaluer la situation. Demandez ensuite au fournisseur un devis détaillé avec les caractéristiques techniques, puis déposez le dossier d’aide adapté à votre cas. Ne commandez qu’après réception de l’accord écrit.

Questions fréquentes

Le fauteuil releveur est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

Non. Il n’est pas inscrit à la LPPR, donc l’Assurance Maladie ne le rembourse pas. Seul le fauteuil coquille, un dispositif de maintien postural destiné aux personnes en dépendance sévère, y figure, sur prescription. Pour financer un releveur, tournez-vous vers la PCH, l’APA, votre mutuelle ou votre caisse de retraite.

Faut-il une ordonnance pour acheter un fauteuil releveur ?

Non, aucune ordonnance n’est nécessaire pour l’acheter, puisqu’il ne s’agit pas d’un dispositif remboursé. Une évaluation par un ergothérapeute peut toutefois appuyer une demande d’aide auprès de la MDPH ou du conseil départemental, et aide à valider les dimensions avant l’achat.

Que se passe-t-il en cas de coupure de courant ?

La plupart des fauteuils releveurs intègrent une batterie de secours, mais pas tous. Elle permet de ramener le fauteuil en position assise si le courant est coupé. Vérifiez sa présence sur la fiche produit avant de commander, puis testez-la de temps en temps : débranchez le fauteuil et actionnez la télécommande.

Peut-on dormir dans un fauteuil releveur ?

Pour une sieste, oui, si le modèle offre une position presque allongée. Pour dormir toutes les nuits, ce n’est pas adapté : sans matelas, les points d’appui prolongés augmentent le risque d’escarre. Si la personne ne peut plus rejoindre son lit, mieux vaut envisager un lit médicalisé.

Combien consomme un fauteuil releveur électrique ?

La consommation reste faible. Le moteur ne tourne que pendant les quelques secondes du mouvement, et la consommation en veille est minime, ce qui pèse peu sur la facture d’électricité.

Quelle est la durée de vie d’un fauteuil releveur ?

Elle varie selon la qualité du modèle et l’intensité d’usage, et aucune durée standard ne s’applique. Un fauteuil qui fonctionne en permanence près de sa capacité maximale s’use plus vite : c’est l’intérêt de la marge de poids évoquée plus haut.

Sources

Rédigé par Anna
Aide-soignante diplômée d'État · Spécialisée en gériatrie et maintien à domicile Anna exerce comme aide-soignante depuis 14 ans. Elle a commencé en EHPAD à Angers, où elle a passé six ans au contact quotidien de résidents en perte d'autonomie, transferts, toilettes, prévention des chutes, accompagnement de fin de vie. C'est là qu'elle a compris que la majorité des accidents ne se produisent pas par malchance, mais parce que l'environnement n'est pas adapté au corps qui vieillit. En 2018, elle rejoint un service de soins infirmiers à domicile (SSIAD) en Loire-Atlantique. Son quotidien change : elle entre chaque jour dans des maisons où les seniors vivent seuls, avec des salles de bain non aménagées, des escaliers sans rampe, des lits trop bas. Elle voit de près ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, et ce qui finit aux urgences. C'est cette expérience terrain, pas un catalogue produit, qui nourrit chaque article d'AutonomieSenior.fr. Quand Anna recommande une barre d'appui à 70 cm ou déconseille un déambulateur trop large pour un couloir de HLM, ce n'est pas de la théorie. C'est ce qu'elle a constaté en aidant des centaines de personnes à se lever, se laver et se déplacer chez elles. Elle est titulaire du Diplôme d'État d'Aide-Soignante (DEAS) et a suivi une formation complémentaire en prévention des chutes chez la personne âgée (DPC). Elle se forme continuellement sur les nouveaux équipements d'aide à l'autonomie pour que ses recommandations restent à jour. Anna ne vend rien. Elle ne travaille pour aucune marque. AutonomieSenior.fr est un site indépendant : quand un produit est mauvais, elle le dit. Quand un produit à 45 € fait le même travail qu'un produit à 200 €, elle le dit aussi.

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